A l’occasion des 20 ans de la société de production .Mille et Une. Films, Le Blog documentaire vous propose de découvrir, en primeur et pendant 15 jours, la version restaurée de « Clean time ». Dans ce film, Didier Nion dépeint « une errance qui a changé de sens » en s’attachant à un personnage qui nous devient vite familier, proche et intime. Un film très personnel qui, vingt ans après, n’a rien perdu de son charme, et de son universalité…

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Clean time, le soleil en plein hiver est la chronique d’un retour vers la normalité. Marc a 32 ans, il a été toxicomane pendant plus de 10 ans ; un jour il a arrêté, une caméra était là pour suivre ce long combat. Marc est un extraverti, un personnage aux multiples facettes : intéressant par la richesse de sa propre analyse, par son humour et sa dérision, irritant par son côté branché, attachant par sa sensibilité et sa fragilité.
Le réalisateur, masqué derrière sa caméra, sert de révélateur.
Le réalisateur et Marc se connaissaient bien avant que le film n’existe. Le tournage a reposé sur l’amitié, la confiance, la complicité.
Clean time est un film d’espoir.

1997 • Documentaire • 26 minutes
Auteur réalisateur : Didier Nion • image : Didier Nion • montage : Pascale Mons • interprète : Marc Rioufol
Le film a fait l’objet d’une première restauration (image et retouches de montage) ; une seconde restauration (nouveau mixage son) verra prochainement le jour…

Quelques mots sur ce film par nos camarades de Documentaire sur Grand écran :

Dans ce film de 26 minutes de Didier Nion, le documentaire prend toute sa valeur de témoignage. Le cinéaste se met à l’écoute d’une parole, la parole d’un drogué de 34 ans qui tente de réapprendre à vivre après des années de dépendance. La caméra suit au plus près l’histoire de cette errance sans fin. Récit d’un homme que l’égocentrisme a conduit à toujours privilégier le plaisir de l’instant et qui doute de sa capacité d’en sortir. Le choix du traitement en gros plan, sans perspective, traduit parfaitement la vulnérabilité, l’instabilité du personnage, cramponné à son désir de retour à la normalité. L’incertitude de cette résurrection crée un suspense qui nous tient en haleine et nous fait ressentir tout le pathétique d’une vie gâchée.

Un autre point de vue signé Bartlomiej Woznica, pour la revue Passeurs d’images :

Le réalisateur n’est pas ici le grand ordonnateur qui garde la maîtrise absolue de la ligne dessinée par le film car ici le film semble être fait par ses deux acteurs, à savoir le réalisateur et son « sujet », agissant à part égale sur sa mise en scène. (…)

Le cœur du film est le rapport qu’entretient Marc avec la temporalité. Preuve en est l’égrainage des jours d’abstinence (clean time) qui font l’ouverture de chaque prise. Chaque jour clean passé est comme une victoire, car il s’agit bien ici d’un combat contre le temps, et l’issue en est toujours incertaine. C’est aussi une des grandes questions qui travaillent le cinéma. Alors que l’on passe le plus clair de ses jours à courir derrière le temps, le cinéma propose justement un moment privilégié pour en prendre la pulsation, pour l’éprouver. On pourrait presque dire qu’on va au cinéma pour gagner du temps. Tout le parcours de Marc vise à retrouver un rapport au temps permettant de libérer un espace dans lequel viendra s’épanouir le monde sensible qui lui fait face. Marc pourrait très bien être en ce sens un des multiples visages du spectateur de cinéma.

Gilles Padovani, producteur et fondateur de .Mille et Une. Films :

Nous sommes très heureux de proposer sur Le Blog documentaire notre premier film en accès libre sur le web, dans une version restaurée avec un nouveau montage. C’est un film à part. Le premier de Didier Nion, le premier de .Mille et Une. Films, le film fondateur pour la société. Tourné en super 8, le film, d’une force rare, est porté par le regard d’un réalisateur et par Marc, un personnage à la fois sombre et lumineux.

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Sur la société .Mille et Une. Films :

En 20 ans, la structure rennaise a produit des documentaires, des fictions (courtes et longues), des films d’ici et d’autres d’ailleurs. Sa filmographie éclectique et sensible s’est construite dans une proximité avec les auteurs, avec deux mots d’ordre : l’exigence et la quête de sens.

Gilles Padovani a créé la société de production avec la volonté de produire des documentaires ayant une véritable écriture cinématographique, aussi bien sur des premiers films qu’avec des réalisateurs plus confirmés.

La ligne éditoriale s’est construite sur deux axes. Des films personnels : Dix-sept ans, Si loin du crime, Léonarda… et des films plus classiques aux thématiques le plus souvent centrées sur les questions de société : Discriminations, Huis clos pour un quartier, Vague à l’âme paysanne

Depuis sa création, près de soixante-dix films ont été produits à la fois avec des chaînes nationales, régionales ou locales et quelques-uns à l’international. Une majorité de ces films a été sélectionnée dans de nombreux festivals et plusieurs y ont été primés.
Cinq documentaires sont en ce moment en développement : Katia, Rimma et les autresL’invitation au voyageDessin de justiceLa fin de l’homme rouge et La faute à Demy.

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À l’occasion des 20 ans de .Mille et Une. Films, le festival Travelling offre à la société de production une carte blanche au sein de sa programmation À l’Ouest !. L’occasion de redécouvrir à Rennes 6 documentaires :

– Léonarda (Guillaume Kozakiewiez, 2007)
Cinéma Arvor le 04/02 à 18H00

– Si loin du crime (Olivier Hems, 2005’)
Théâtre de la Parcheminerie le 06/02 à 16H00 (en association avec l’association Comptoir du Doc),

– Sept jours de la vie du Père Noël (Gulya Mirzoeva, 2006)
Théâtre de la Parcheminerie le 06/02 à 17H30 (en association avec l’association Comptoir du Doc),

– L’île perdue (Caroline Rubens, 2010)
Cinéma Arvor le 07/02 à 18H00

– Juillet… (Didier Nion, 1999)
Cinéma Arvor le 08/02 à 18H00

4 Comments

  1. MERCI bises

  2. Bonjour,
    J’aime ce petit docu tellement réaliste, le changement au fil des images de Marc est un beau message de reconstruction personnelle, je trouve que ce docu est bien tourné bien monté.

    J’aime…
    Pierre

  3. Merci d’avoir mis ce documentaire en ligne

  4. Touchant et troublant…

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