Cela fait quelques années que nous le suivons. Après le très réussi « Voyage en sol majeur » et le non moins intéressant « Jardin de Jad », Georgi Lazarevski présente au festival Cinéma du Réel 2016 son nouveau film. « Zona Franca », une plongée au cœur de la Patagonie, derrière les mythes fondateurs et au-devant des réalités sociales contemporaines. Après une séance comble dimanche dernier, le film sera projeté mercredi et vendredi… avant une possible sortie en salles à l’automne.

ZonaFranca4Le Blog documentaire : C’était quoi l’idée de départ ? Qu’est-ce qui vous a poussé à aller tenter de construire un film en Patagonie ? On devine une fascination pour ces paysages du « monde du bout du monde », et une curiosité certaine pour l’histoire de ce territoire ?

Georgi Lazarevski : J’ai débarqué pour la première fois sur ce territoire il y a près de vingt ans. J’avais à l’esprit tous les livres que j’avais lus et qui racontaient les aventures extraordinaires des pionniers, des explorateurs (plus marginaux les uns que les autres) qui s’étaient succédés sur cette terre.

J’étais habité par le mythe : le fantasme du bout du monde, celui d’une frontière au-delà de laquelle s’étendrait, à portée de main, un nouveau territoire plein de promesses. Une certaine idée d’absolu, une terre où tout serait encore possible, et qui au cours de l’Histoire a attiré comme un aimant des hommes épris de liberté. Venus de toute part, une multitudes d’aventuriers, de repris de justice, de conquérants, de miséreux en quête d’une vie meilleure y ont élu domicile. Ils ont connu des destins inégaux mais partageaient un trait de caractère : ils avaient tout abandonné derrière eux pour venir s’y installer, ils avaient rompu avec leur société, ils étaient non-conformistes. J’avais envie de partir sur leur trace.

Moi-même je suis fils d’un émigré yougoslave. J’ai vécu mon enfance sur une île de l’Adriatique, un petit paradis au milieu d’eaux cristallines dans un grand pays qui n’existe plus. Puis j’ai dû partir. Vers le continent, puis la Belgique, plus tard la France. Changeant plusieurs fois de nationalité, j’ai pris goût aux voyages. La Patagonie était pour moi une sorte de Graal.

Instinctivement, je reproduisais le fantasme de milliers de Yougoslaves, partis au 19ème siècle de la petite île voisine de Brac pour devenir les tout premiers colons de Patagonie. Ils ont travaillé dur pour sortir de la misère, construire ou reconstruire une vie rêvée, s’approcher de leurs idéaux. Ils ont érigé des villes dans un environnement incroyablement hostile. Ces colons façonnèrent le territoire à leur guise, exploitèrent la terre tant qu’ils le pouvaient. Ont-ils trouvé ce qu’ils cherchaient ? Se sont-ils définitivement affranchis des barrières qui ont fini par avoir raison de leur pays originel ? Voilà les questions qui attisaient ma curiosité.

Ce territoire est le lieu idéal pour évoquer l’exil, le franchissement des frontières, l’évasion, la communauté ou l’impossibilité de rencontrer l’autre. Des notions que je m’obstine à explorer dans mes films.

La narration commence par suivre plusieurs fils à la fois (le chercheur d’or sur lequel s’ouvre le documentaire, la problématique du prix du gaz qui affecte les habitants, les transporteurs routiers, les touristes, etc.)… Etait-ce là une volonté scénaristique qui a précédé le tournage ?

Lorsque l’idée du film a germé, je n’avais qu’une certitude : il fallait que je prenne de la distance avec le mythe, que le film raconte autre chose. Je voulais regarder l’envers de la carte postale, tenter de saisir la complexité de ce territoire. Je ne voulais pas d’une écriture qui à mon sens n’aurait fait que servir ce mythe, en le renforçant. Il aurait été très tentant de se cantonner à un beau personnage, hors du commun, et forcément captivant, le tout dans des paysages dantesques.

Mais ce qui m’intéresse en tant que réalisateur, ce ne sont pas les recettes toutes faites, même avec plein de pixels dedans. J’ai préféré adopter une écriture qui marque cette prise de distance, qui sorte du cadre classique. Je voulais ancrer le film dans le présent, et sans abandonner l’intime, prendre une certaine distance pour tisser, par les moyens du cinéma, des liens entre les choses, entre les personnages, mettre en perspective des situations de façon à porter un regard qui interroge notre monde. Il s’agissait donc, dès l’écriture du film, de faire progresser le récit par petites touches, comme on rassemble les pièces d’un puzzle, qui peuvent paraître éparses au départ , mais qui vont s’assembler pour faire sens.

La séquence d’ouverture est inspirée de mon tout premier contact avec la Patagonie chilienne. J’avais été frappé de voir de part et d’autre des routes, sur des centaines de kilomètres, une suite ininterrompue de barbelés. Cette terre portait les fantasmes de liberté de milliers de touristes et on ne pouvait s’y promener qu’en enjambant des barbelés. La justification de ces barrières me paraissait bien obscure : Pourquoi cerner de barbelés des paysages infinis, inhabités ?

© Georgi Lazarevski
© Georgi Lazarevski

Ces barrières racontaient l’histoire d’une colonisation arrivée à un stade ultime, celui d’une privatisation presque totale des terres. Elles avaient été érigées pour les élevages de moutons, une industrie qui avait fini par péricliter. À la grande époque de « l’or blanc » avait fini par succéder celle de « l’or noir », autre industrie déjà en perte de vitesse : les tours de forage parfois entrevues au loin n’étaient que le témoin d’un autre mirage : les gisements de gaz et de pétrole n’avaient pas été à la hauteur des espoirs.

Je voulais que le film évoque ces strates de colonisation, comme autant de rêves portés. Qu’il relie l’histoire au présent, sans discours ni commentaire.

À l’origine, le geste de la colonisation, c’est ce que fait Gaspar : fouiller une terre glacée pour trouver des paillettes d’or. Son quotidien n’est pas si éloigné des premiers colons du 19ème siècle. Depuis 25 ans, il creuse la terre. Il a déplacé des millions de pierres mais n’en a gardé précieusement qu’une, minuscule, toute ronde. C’est une boleadora, une pierre dont se servaient les indiens Onas pour chasser. Dans sa petite cabane perdue, le monde, l’Histoire et ses fantômes sont réunis.

Zona Franca, par son titre, focalise l’attention sur ce centre commercial, le plus grand de la région, qui fait aussi partie de son attractivité… Mais ce n’est pas le sujet central…

La « Zona Franca » est une étape de la colonisation et du développement du territoire : elle a été créée pour dynamiser la région, pour attirer des investisseurs et de nouveaux habitants. Elle est construite au bord du détroit de Magellan, dans la ville de Punta Arenas, capitale et unique grande ville de cette région du sud de la Patagonie chilienne, à l’emplacement exact de la pointe de sable qui donna son nom à la ville.

Punta Arenas était au départ, en 1848, une prison, une « colonie pénale » où on envoyait du reste du pays les condamnés, certain qu’ils ne pourraient s’échapper, à moins de mourir de froid. Aujourd’hui, cette zone est entourée de barbelés et de guérites, et des gardes se relayent jour et nuit, comme Patricia, pour veiller à ce que les biens de consommation ne soient pas volés.

C’est un port, où accostent les paquebots de touristes à la saison d’été. Lieu de châtiment, devenu lieu de loisirs. Avec comme point commun, les barbelés. Poumon économique aussi : Gaspar et son frère viennent y vendre leur or, et Lalo y a acheté ses camions. L’endroit est central et magnétique : une métaphore de ce qu’est devenu ce territoire.

© Georgi Lazarevski
© Georgi Lazarevski

Il y a en filigrane tout au long du film une pensée de la « condition patagonienne » contemporaine, qui s’illustre notamment dans la cabine d’un camion quand le leader de la grève vous confie son intime conviction ?

Il y a en effet dans cette région la plus australe du Chili, un attachement très fort des habitants à leur terre, et une certaine volonté d’indépendance. Une fierté également comme celle d’avoir été parmi les premiers à défier Pinochet, en 1984, lors d’une manifestation improvisée sur la place centrale de Punta Arenas.

Santiago est à plus de 3.000 kilomètres, on se méfie des décisions prises par les fonctionnaires de la capitale, et la solidarité s’exprime parfois davantage avec les voisins argentins de Patagonie plutôt qu’avec le reste du pays.

Lalo est le président du syndicat des camionneurs. C’est un amoureux de sa région, jamais lassé des aubes et des crépuscules spectaculaires qu’il aperçoit lorsqu’il roule à travers la Patagonie. Il rêve d’ouvrir de nouvelles routes, de nouveaux ports, de développement économique qui assurerait à la population une vie plus confortable. Il est également conscient des terribles inégalités qui ont marqué et continuent à marquer cette terre. Son père lui a transmis le sens de l’engagement politique. Lalo se bat pour la communauté, pour des raisons qui dépassent son intérêt personnel.

À un moment de la grève, l’intransigeance de certains de ses camarades de lutte le font douter, et c’est ce doute qui l’amène à analyser, d’une manière extrêmement lucide (et subtile) l’origine du conflit, comme l’histoire de la région. Il a exprimé à ce moment ce que je cherchais à dire à travers le film.

Aucun combat n’est simple, il n’y a pas de solution toute faite. Mais l’enjeu est moins celui d’une lutte entre développement et écologie, Magallanicos et gouvernement ou touristes et grévistes, que celui de la solidarité contre l’individualisme, et de la conscience contre l’oubli.

© Georgi Lazarevski
© Georgi Lazarevski

Ce qui est frappant, c’est que sans cette grève qui cristallise les différents fils narratifs, bloque la circulation physique des engins  comme le dialogue politique (on menace même à mots couverts de l’intervention des forces spéciales)… Sans cet événement, pas de film ?

Il est vrai qu’à travers ce film j’avais envie de donner un gentil coup de pied dans le mythe. Dès son écriture, l’idée était de sortir des sentiers battus. Les manifestations ont débuté progressivement, alors que je repérais depuis des mois et que j’attendais sur place, des autorisations pour filmer les forages de pétrole et de gaz. Le gouvernement de Sebastien Pinera venait de décréter, en trahissant ses promesses, une augmentation de 17% du prix du gaz.

Les autorisations ne sont pas arrivées, et j’ai filmé sans trop y croire la première grande manifestation de Punta Arenas. Lorsque le conflit s’est durci et que les manifestants ont annoncé le blocus de toutes les routes de la région, j’ai roulé jusqu’à la petite ville touristique de Puerto Natales, j’ai franchi à la nuit tombée le barrage déjà en place, au milieu des manifestants, quelques instants avant qu’il ne se referme pour une semaine. Je ne pouvais espérer mieux, pour dresser le portrait de cette région et les tensions universelles qui la traversent, que cette condition de « prisonnier volontaire ».

Cette grève est l’accident que j’ai attendu. Tout comme pour la séquence de l’église avec Lalo le camionneur, que je suis parti filmer sans grande conviction et qui s’est finalement avérée être une belle surprise avec le discours du prêtre engagé. Au départ, je n’avais finalement aucune envie de filmer des manifestations. Mais tout de suite il a été clair que je ne l’évacuerais pas au montage. L’idée même du film était de dépasser les apparences, d’explorer la complexité, les paradoxes de ce territoire. De marier l’intime au collectif, à l’universel. L’aide de Jean Condé, le monteur, a été décisive pour trouver le juste équilibre.

Pour autant, si la grève n’avait pas existé, j’aurais fait le même film, d’une autre manière : un film qui ne soit pas lisse. J’aurais trouvé quelque chose de rugueux, de complexe, de contradictoire. L’important c’est d’aller à contre-courant, d’amener le récit là où on ne l’attend pas, et de laisser la place pour l’irruption du réel. Je ne veux surtout pas tout contrôler dans un film. Et c’est pour cela que le documentaire m’intéresse.

© Georgi Lazarevski
© Georgi Lazarevski

Cette grève, vous le signifiez très clairement au montage, c’est aussi l’opposition indirecte de deux mondes : les travailleurs et les habitants sur place, et les touristes de passage… C’est une opposition très forte dans la représentation, presque indépassable selon vous ?

La grève oppose des Chiliens entre eux, gouvernements contre manifestants. Manifestants contre manifestants : on voit bien les débats et les doutes qui agitent les grévistes lorsque Lalo prend la parole la nuit devant ses camarades. Lalo se bat même pour ouvrir le passage. De même les touristes ne se comportent pas tous de la même façon : dans la scène avec le gouverneur, l’un poursuit son discours, centré sur lui, totalement indifférent au sort des manifestants alors qu’on lui apprend qu’ils sont menacés d’une opération militaire, alors que l’autre porte un jugement lucide sur la région et la souffrance de ses habitants, donnant même au passage une leçon de morale au représentant de l’état.

De même, au musée-palace de la famille Braun Menendez, si la plupart des touristes ne s’intéressent qu’à l’éclat des dorures et du marbre, c’est surtout parce qu’on ne leur propose que la version édulcorée des pionniers « visionnaires ». Mais il suffit qu’une touriste un peu plus curieuse que les autres (je l’ai tout de même attendue plusieurs jours) pose une question judicieuse, pour que la guide ose lui parler de l’implication de la famille dans l’extermination des Indiens.

J’ai vu des touristes américains face aux manifestants qui leur expliquaient patiemment les raisons de la grève. Malgré cela, ces touristes ne comprenaient pas qu’on provoque un tel désordre pour des sommes d’argent aussi dérisoires. Ils revenaient d’un séjour dans un hôtel de luxe du parc national Torres del Paine, à 1.000 dollars la nuit, propriété de la famille du préfet de la région qui refusait tout dialogue avec les manifestants.

Mais il était primordial pour moi d’éviter la caricature. Il y a bien une opposition entre deux mondes, dont la grève est symptomatique, c’est une fracture sociale qui ne fait que s’amplifier – bon le voit bien aujourd’hui dans notre société, et dans le monde entier – mais la frontière ne se situe pas entre touristes et locaux. La réalité est (heureusement) plus complexe. Et c’est ça que j’ai essayé de dire dans le film.

Votre point de vue sur la modernité se bloque t-il ici ?

De la même façon, je n’ai pas de leçons à donner sur les méfaits ou bienfaits de la modernité. Le film suscite des interrogations, mais je n’ai pas la prétention d’apporter des réponses. Je me sens proche des manifestants, mais je constate aussi que leur lutte va dans le sens d’une politique de production d’énergie à coûts réduits, dont la conséquence est la systématisation de la fracturation hydraulique, le gaz de schiste, et que peu s’en soucient.

Je constate aussi que Lalo a besoin de chantiers pour avoir du travail, qu’il a besoin qu’on développe la région pour survivre. Je porte un regard critique sur une modernité de prédation, sans conscience, sans mémoire. Comme ces statues d’Indios – façon Disneyland – qui fleurissent partout, d’autant plus qu’on les a exterminés, ou ces usines devenues hôtels de luxe dans lesquels l’on sirote un whisky en écoutant Franck Sinatra.

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© Georgi Lazarevski

Malgré les apparences et contrairement à vos films précédents, ce sont des collectifs que vous filmez… Même si vous distinguez des personnages dans les différents mondes que vous traversez, vous ne les singularisez pas au point qu’ils s’imposent sur le devant de la scène… Il y avait certainement matière à portraiturer des « héros » (on pense notamment au chercheur d’or ou au leader syndical), mais vous ne cédez pas à cette tentation au montage… Pourquoi ?

Il y avait bien sûr matière à rester centré sur un personnage, mais comme je l’ai dit, je ne voulais pas nourrir les mythes. Pour autant, je ne pense pas que ce film soit très différent de Voyage en sol majeur ou Le jardin de Jad. Auprès de Gaspar, de Lalo, je n’ai pas renoncé à l’intime, je me suis intéressé à leurs rêves, à leurs contradictions, aux doutes qui les traversent, à leur fragilité, à leur qualité d’anti-héros. J’ai cherché à exprimer ce qu’ils portent au plus profond de leur être et ce qui les réunit dans leur relation au monde. À l’écriture comme au montage, j’ai tissé des liens entre eux, entre leur monde et le nôtre.

Il est vrai que le film représente aussi des collectifs, mais ceux-ci sont loin d’être homogènes. Ils sont composés d’individus qui sont loin de partager la même opinion, et c’est évidemment ce qui m’intéresse. Les touristes ne sont pas tous aveugles. Les manifestants ne sont pas tous d’accord. Tous doutent. Et moi aussi.

Ce documentaire recèle bon nombre de plans très travaillés qui scandent la beauté de la région, et de ses habitants… C’est un hommage délibéré ?

J’ai passé pas mal de temps en repérages, à sillonner cette région qui me fascine. J’ai filmé avec une petite caméra. Plutôt que m’alourdir avec les moyens techniques, la démarche constituait à se donner le temps de l’observation pour saisir le juste moment. Il fallait que ce film de cinéma donne à voir le spectacle surnaturel du mythe, pour mieux s’en écarter, et dévoiler la réalité. De même que le récit se construit par la mise en perspective de situations pour créer du sens, j’ai cherché à jouer avec les avant- et arrière-plans pour donner une certaine profondeur à l’image.

Vous espérez quoi avec ce film finalement ?

Une réflexion, rien de plus. Surtout pas de leçons.

Propos recueillis par Cédric Mal

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Le regard de l’ACID

De ce portrait du bout du monde (un panneau d’indication routière le précise), le réalisateur fait une fresque qui plonge autant dans le passé (bagnards, colonisation, extermination des indigènes), qu’il en dépeint le présent. D’ailleurs le film se termine par un long travelling latéral sur un mural qui raconte cette histoire mythique, d’un paradis perdu.
Quelques personnages sont les acteurs du récit de ce bout du monde où le monde extérieur est présent par la radio et par les touristes et où « la douleur se transmet de génération en génération ». Puis la grève contre l’augmentation du gaz qui bloque les touristes va relier l’histoire au présent. L’orpailleur dessinateur, le garagiste, la jeune femme qui surveille la zone franche et ses commerces, verrouillée la nuit comme un camp militaire, le prêche du curé local dans la droite ligne de la théologie de la libération. Belle inversion de fonction quand visitant le musée, le camionneur raconte à la conservatrice le fonctionnement des abattoirs transformés en hôtel 5 étoiles, ou comment reprendre la parole (la main) sur son histoire.
Les problématiques mondiales contemporaines (destruction des terres d’élevage et des paysages pour l’exploration pour le gaz de schiste) ne sont pas artificiellement plaquées en fin de parcours pour ouvrir de façon volontariste, mais consubstantielles à l’évolution de ce bout de territoire, un effet concret des méfaits mondiaux d’une économie de prédation qui résume l’histoire de ce bout du monde autant que la résistance qui s’y transmet.
Sens de l’espace, beauté de la nature, sens d’un temps à cheval entre longue histoire et présent singulier, une construction parfaite qui ancre progressivement cette terre perdue dans l’agitation du monde.
 « On trouve dans ce film un concentré de l’état du monde / c’est un film politique qui ne se veut jamais ouvertement politique – tensions très subtiles – c’est un grand film sur l’état du monde. »

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