C’est un film de 40 minutes que nous avions distingué par une mention du prix des parrains au Festival International du Documentaire Emergent en 2019, et que nous vous proposons de voir ici gratuitement pendant une semaine. Après « J’suis pas malheureuse » de Laïs Decaster et « Je ferai tout disparaître » de Margaux Chataux, voici « Azadi » de Sam Peeters. Un film à apprécier aussi en regard de la conférence « Filmer sur et avec les sans-papiers » mise en ligne il y a quelques jours.

Azadi signifie « liberté » en persan.

En 2016, un accord controversé a été signé entre l’Union Européenne et la Turquie pour empêcher les réfugiés d’effectuer la traversée courte mais périlleuse vers les îles grecques. Les réfugiés qui arrivent dans ces îles doivent attendre indéfiniment que leur demande d’asile soit traitée. Ce documentaire dépeint la zone de transit inhabituelle qu’est devenue l’île de Lesbos, à travers le regard de deux réfugiés pakistanais et d’une communauté locale de pêcheurs.

« C’est à travers l’action et avec l’intelligence d’une mise en scène documentaire, qui ne manipule l’image que pour en tirer la substantifique moelle et y apposer son propos, que le film remue. A la manière du très beau Fuocoammare, avec émotion et sans pathos et à travers une certaine évidence picturale, il ramène ces enjeux sociétaux essentiels à hauteur de femmes, d’enfants, et même d’animaux mais surtout d’hommes. Ceux, plus ou moins directement impliqués dans ce que l’on appelle une crise migratoire, qui tentent à différents niveaux, avec différents moyens de l’apaiser ».
Lucien Halflants / Cinergie.be

« La maîtrise technique du film se soumet entièrement à son récit, tout en servant idéalement une description de la situation tragique de certains réfugiés dans une zone de transit à Lesbos (le camp Moria) qui fait office d’un véritable purgatoire. Des moments magistraux ponctuent le film : un plan de mer immersif en prologue, des témoignages de réfugiés au passif douloureux difficilement imaginable ou de pêcheurs grecs les ayant secourus, des amoncellements de gilets de sauvetage (rappelant les camps de la mort nazis) et d’épaves, des épitaphes (souvent anonymes) dans un cimetière… »
Derek Woolfenden / Fidé

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Réalisation : Sam Peeters
Image : Silvian Hettich
Son : Samuel Chan
Montage : Sam Peeters
Production : Royal Institute for Theater, Cinema and Sound

 

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