Rasha Salti a pris les rênes de « La Lucarne » d’ARTE il y a un peu plus d’un an. Programmatrice en festivals, commissaire d’exposition, écrivaine, elle a accepté de prendre la suite de Luciano Rigolini pour gérer l’une des plus prestigieuses « cases » de documentaires de la télévision française. Nous avons eu le plaisir d’échanger avec elle sur l’ex-centricité de la programmation dont elle a désormais la charge. Où l’on parle aussi de courrier des lecteurs et de films de mariage… Propos recueillis par Fanny Belvisi.

Rasha Salti – © Christoph Terhechte

Le Blog documentaire : A quoi ressemble une journée de Rasha Salti ?

Rasha Salti : Je jongle entre deux engagements professionnels. Le premier, c’est la Lucarne d’ARTE, qui implique la lecture de beaucoup de dossiers, le visionnage de beaucoup de liens. J’aime beaucoup voir les films, seule, et j’aime beaucoup prendre mon temps, même si je crois que j’agace les producteurs et les réalisateurs parce que je ne réagis pas vite. Je me rends compte que je n’arrive plus à faire vite. Je n’en ai pas envie. Quand je suis obligée de réagir immédiatement à un film, je trouve que mes remarques sont hâtives, et manquent peut-être d’intelligence, de profondeur de champ, d’une vue d’ensemble.

En général, j’attends au moins un jour. Nous ne sommes plus à l’époque de l’argentique et des réactions chimiques. Pourtant, psychiquement et mentalement, c’est comme si le fait de voir un film entraînait des précipitations, des émulsions, et qu’il fallait que j’attende que les choses se tassent pour dire des choses qui peuvent être utiles.

Plus j’avance dans l’âge et plus je suis anachronique. Je n’arrive pas à emboîter le pas à cette obsession d’efficacité. Je pressens que cette question va bientôt devenir une lutte pour nous tous, et surtout pour les gens qui sont dans des métiers où il s’agit de créativité. On nous prend le temps, alors qu’il faut vraiment prendre son temps. Bien sûr qu’il y a des urgences, mais on ne peut pas être tout le temps dans l’urgence !

Donc je lis des dossiers et je regarde des films. Quand je suis à Paris, je suis au bureau et j’essaie d’assister à toutes les réunions pour sentir le pouls de l’équipe, de l’Unité, pour écouter mes collègues.

Mon autre vie, est une vie beaucoup moins organisée, beaucoup moins stable. Je travaille dans le curatoriat, dans les créations artistiques et plastiques, mais aussi dans le cinéma. Je suis en train d’organiser une exposition au Chili au Musée de la Solidarité Salvador Allende. C’est une exposition documentaire et archivistique que je réalise avec une collègue libanaise. Il n’y a pas d’œuvres d’art, mais du récit, beaucoup de vidéos.

Ces deux vies, différentes de prime abord, ont pourtant des liens de complémentarité…

Une activité nourrit l’autre. Les deux sont faites de belles coïncidences et de belles rencontres. Je n’ai jamais travaillé dans une télé, ni d’ailleurs dans un bureau. J’ai toujours été freelance et il faut du temps pour s’habituer au rythme de la boîte. Le voyage, le va-et-vient a ses vertus, mais aussi ses contraintes. C’est très fatigant. Du côté d’ARTE, le fait d’être entre deux activités induit que je ne serai jamais prise dans le collimateur de la machine… ce qui est bien, surtout pour La Lucarne ! En même temps, cela veut aussi dire que je suis dans une position de précarité. Je ne fais pas complètement corps avec l’institution.

Quel bilan portez-vous déjà sur cette première année passée à la tête de la Lucarne ?

Le legs de Luciano Rigolini était énorme. L’année passée, pendant le festival du Cinéma du Réel, nous avons mené une conversation au cours de laquelle il a dit qu’il avait construit la maison et la route et que maintenant je pouvais m’envoler. Il avait raison. J’ai trouvé à mon arrivée dans ce poste, une maison, un abri solide. En un an, comme il s’est aussi passé un an entre son départ et mon arrivée, il a fallu que je défriche les nombreux dossiers qui attendaient. Je me suis rendu compte d’une chose à laquelle je voudrais faire attention. Même si la Lucarne est « hors format » et que la ligne éditoriale est d’une liberté extraordinaire, néanmoins, il me semble que (dans le non-dit ou dans une sorte d’inconscient collectif) une sorte de formatage s’est attaché à la case.

L’expérimental n’exprime pas les choses d’une manière directe ou didactique. Et comme il prête à interprétation, c’est très compliqué de définir la Lucarne. Chacun a sa propre définition. Disons que j’ai senti des convergences esthétiques qui ressemblent un peu à des modes, comme par exemple la formule : « documentaire qui s’exprime à la première personne, en une voix-off, avec des images un peu abstraites ». Dans la formule, les éléments qui constituent une Lucarne sont bien là, mais le principe même de cette case est de surprendre, et non pas de confirmer des formes. C’est une case qui cherche le renouvellement et l’excentricité au sens propre du terme : l’ex-centricité, le fait d’être en dehors du centre. La Lucarne n’est pas marginale ou inconséquente, elle est juste ex-centrée.

L’autre chose dont je me suis rendue compte, c’est que la Lucarne a vraiment besoin de visibilité. La case est connue pour des adeptes d’un certain genre de cinéma, par des producteurs et des réalisateurs en France et en Allemagne, mais pas du tout à l’international. C’est vraiment l’un des défis que je voudrais suivre pour les cinq années à venir. J’aimerais que la Lucarne devienne plus polyglotte, polyphone, diverse. Qu’elle soit vraiment nourrie de ces marges : de voix de femmes, des voix « queers », de langues ou de cultures marginales et surtout, de cinématographies différentes.

Je voudrais aussi que la case ait une vie publique, sur le petit écran mais aussi dans des festivals ou dans des salles. Je suis un peu déroutée car j’ai travaillé toute ma vie dans des festivals où il y a un contact direct avec le public. C’est une vraie joie. A la télé, il n’y a pas ce contact et quelque part il me manque, car il était pour moi une source de connaissance, une boussole. Je n’ai jamais voulu tomber dans le consensus ou plaire au public, mais dans les festivals, l’échange qui a lieu est primordial pour moi. Avec le petit écran, je suis sûre qu’on pourrait réfléchir à une plateforme pour s’échanger des idées. Mais je n’ai pas encore trouvé sous quelle forme. Peut-être en mettant en place un courrier des lecteurs ? Possible, à tester. Je dois comprendre avant de trouver. J’apprends toujours. Une des raisons pour laquelle j’ai été intéressée par ce poste, c’est qu’à un âge qui frôle les 50 ans, c’est rare qu’on nous donne l’occasion d’apprendre et de se renouveler.

Une Jeunesse allemande (Jean-Gabriel Périot) – le 24 mai 2018 dans la Lucarne d’ARTE

Comment comptez-vous donner cette « vie publique » à la case ?

Quand je dis que j’ai envie que cette case ait une vie publique, c’est à cela que je pense : organiser des projections, créer des partenariats à l’international. ARTE France a un département communication qui organise des projections en France, en Belgique. Les films circulent donc déjà dans des cadres événementiels qui ne sont pas forcément liés à des festivals tout le temps. Il y a des partenariats, comme avec Cinéma du Réel par exemple, ou le FID Marseille, et d’autres, mais moi j’ai envie de sortir de cette piste unique pour commencer à tisser des liens au travers des musées et aussi des cinémathèques.

Cette idée est liée à mon propre parcours. On peut regarder du côté des Etats-Unis, par exemple. L’American Film Institute, qui a une cinémathèque, est d’un conservatisme à toute épreuve ! Les films de la Lucarne seraient peut-être considérés comme des OVNIs. Par contre, le Musée d’art moderne à New York a une très belle archive de cinéma, ainsi qu’un département de cinéma très sérieux, où il y a des curateurs magnifiques. Je pensais à cela. Mais aussi dans d’autres pays du monde, les partenaires peuvent être des cinémathèques autant que des musées. Le fait est, que la Lucarne sollicite aussi beaucoup de films d’artistes. C’est une des raisons pour lesquelles je pense aux musées.

Comment se fait la sélection des films qui vont être programmés dans la Lucarne ?

La sélection des films est une affaire compliquée. ARTE est une entité tricéphale : il y a ARTE France, ARTE Allemagne et ARTE Strasbourg. Dans mon cas, j’ai une homologue à Strasbourg et plusieurs en Allemagne. Je n’ai donc pas de vue d’ensemble sur la programmation de la case. Ce que le spectateur reçoit, c’est finalement un ensemble de visions, de choix, de sélections. Je commence à apprendre comment travailler avec ça. C’est comme si l’un de mes yeux était fermé, et qu’il me fallait néanmoins réfléchir à ma sélection de films, en ayant une perception d’un ensemble un peu abstrait.

L’autre point, c’est que lorsqu’on s’engage dans un préachat, un film est parfois au stade du développement et parfois au stade de la post-production. C’est un peu comme dans l’agriculture : soit on sème une graine, soit on plante un arbre avec ses racines. Cet aspect rentre aussi dans une proposition globale. Dans tous les cas, j’essaie de protéger cet élément de surprise, de diversité esthétique, de sujet, de cinématographie, de sensibilité culturelle. Pour une fenêtre internationale. Je crois que dans les vingt dernières années, la Lucarne a été un peu trop masculine et un peu trop européenne. C’est normal, mais tellement dommage de ne pas s’ouvrir au monde !

C’est une case intéressante car elle est à la fois le lieu où de très grands réalisateurs confirmés, célébrés par la critique, font ce que j’appelle des « petites aventures », comme si la Lucarne était un peu leur jardin secret, et en même temps c’est aussi une case dans laquelle des réalisateurs font leur premier film. La case regroupe un panel très large d’expériences.

En général, j’ai toujours aimé les premiers films parce qu’ils ont cette promesse dans l’imperfection qui fait rêver, qui souligne le désir. Bien sûr, les « petites aventures » des grands réalisateurs sont comme des fugues, et donc le désir est là aussi, différent. C’est pour ça que j’ai très envie que la Lucarne ait une vie publique, parce qu’on ne voit pas assez l’ensemble des propositions qu’elle regroupe. Et l’ensemble, je pense, du moins après un an passé ici, risque d’être magnifiquement charmant !

« I Pay for your story » (Lech Kowalski – © Revolt Cinema) – Diffusé sur la Lucarne d’ARTE

Concrètement, vous avez des quotas de films à proposer ? Acceptez-vous des projets qui sont des premiers films ?

Bien sûr, il y a une place pour les premiers films ! Un premier film, c’est plus fragile, c’est un autre processus, c’est un autre suivi, c’est une autre implication. Mon rôle est donc un tout petit peu différent quand on se lance dans cette aventure. Mais je trouve que c’est important d’avoir un lot de premiers films dans la sélection.

De manière générale, nous avons effectivement des quotas qui changent toutes les années. Cela dépend de nos besoins. On calcule le stock et on effectue un équilibre entre les films disponibles, les rediffusions, les inédits…

En fonction du chiffre qu’on me communique, je sais que j’ai le droit à tant de projets. Cela peut aller de 3 à 7 films achetés par année. Il y a toujours plus de pré-achats que d’achats, car la télé veut produire. Je sens que mon rôle est d’être un interlocuteur, et d’accompagner une partie du trajet d’un film. Quand je travaillais dans les festivals mon rôle consistait à accompagner la vie publique d’un film, maintenant l’accompagnement est bien plus en amont puisqu’il s’agit de l’existence d’un film, ou de sa naissance. Ce travail de production m’intéresse énormément, j’avais d’ailleurs déjà commencé à le faire en 2016, après avoir quitté en 2015 ma position de sélectionneuse pour le Festival International du Film de Toronto (plus connu sous son acronyme anglais, le TIFF).

Quelle est votre stratégie concernant la présence de la Lucarne sur le web ?

En 2017, La lucarne a fêté ses 20 ans. Dans l’équipe, on s’est beaucoup interrogé sur les actions justes ou nécessaires que cette occasion signifie. Nous avons choisi une approche classique qui a consisté à proposer un package de films et à les montrer dans différents endroits. Mais le directeur de l’Unité, Fabrice Puchault, enseigne à l’université et s’est rendu compte que lorsqu’il faisait référence aux films que la Lucarne a diffusés il y a 15 ans, ses étudiants ne les connaissaient pas. Ces très beaux films ont été diffusés à la télé, ils ont peut-être eu une toute petite sortie en salle, mais ne sont pas disponibles en DVD, en grande partie. C’est comme si la transmission d’une mémoire du cinéma n’était pas possible. Nous avons donc pensé qu’il serait intéressant de créer une chaîne YouTube, où nous proposons beaucoup de films gratuits, et géolocalisés (c’est à dire disponibles uniquement sur tous les territoires ARTE). Notre réaction au 20 ans de la case a donc été cette chaîne YouTube, qui vient s’ajouter au replay du site web d’ARTE.

En parlant du replay, les audiences sont-elles bonnes pour une case comme celle de la Lucarne ?

Les audiences du replay sont étonnantes quand on fait un effort de communication. Par exemple, nous avons fait une expérience à l’occasion des 20 ans de la Lucarne. On nous a donné l’antenne pendant trois nuits, trois lundis consécutifs au mois de novembre, puisqu’il s’agit du mois du documentaire. Nous avions l’antenne de minuit jusqu’à 3 heures du matin et nous avons proposé de montrer des films, en commençant par un inédit. Pour la première nuit, nous avons diffusé Mrs. Fang de Wang Bing, et juste après un film de deux réalisatrices danoises Vénus : confession à nues où les réalisatrices semblent faire un casting pour un film érotique, mais cet alibi se dissipe très vite et le film se transforme en un très beau portrait sur la sexualité des femmes. Eh bien, nous avons eu un chiffre d’audience incroyable ! Peut-être que le titre a intrigué, mais passé l’effet de curiosité, ils sont tout de même restés. En replay, cela a aussi beaucoup marché. C’est un film simple, très pudique. En général, pendant ces trois nuits sur lesquelles on a beaucoup communiqué, les chiffres d’audience ont doublé.

Cameraperson, de Kirsten Johnson, a aussi très bien marché. Il faut choisir comment on communique. Je pense que si la Lucarne commence à avoir une vie publique, cela va beaucoup renforcer sa visibilité, et de manière plus soutenue.

Vous ne venez pas du monde de la télévision, mais votre poste vous oblige néanmoins à prendre en considération les attentes de cet univers qui n’est pas le vôtre. Comment composez-vous entre vos exigences et celles de vos interlocuteurs ?

Je suis toujours en apprentissage. Très heureusement, en termes d’audience, la Lucarne est épargnée de cette pression qu’on ressent notamment pour les cases en prime time. La Lucarne est comme un caprice, de la haute couture. La case incarne une valeur ajoutée à la chaîne. Ceci dit, toutes les propositions de films rentrent dans les rouages de cette grosse machine, et il y a des discussions pour chacun d’eux. Je dois soumettre tous les films que je propose à des commissions qui les discutent. Je ne participe pas à ces discussions. C’est donc vraiment un mécanisme où un dossier va de mains en mains, avec des rapports très vivants qu’il faut entretenir et gérer. La difficulté réside dans les questions d’interprétation pour départager si un film correspond aux attentes de la case, « fait corps avec La Lucarne » ou le contraire. Ces discussions peuvent facilement basculer dans l’ésotérique…

Maintenant, j’apprends de mieux en mieux à présenter un film pour qu’il soit communiqué, même si je ne suis pas là pour le défendre devant la commission. Et ça, c’est un défi qui me captive.

Je fais une sélection, cependant tous les films pour lesquels j’ai eu des coups de cœur ne sont pas passés. C’est un apprentissage que je suis en train de faire et je me bats ! En un an, j’ai appris à développer des stratégies. Je suis généralement d’un tempérament doux, mais cette année passée à ARTE, a fait de moi une guerrière ! Je ne suis pas effarouchée et je ne me décourage plus de défendre des projets qui me tiennent profondément à cœur.

Le mot « Lucarne » induit l’idée d’une petite fenêtre, et donc finalement d’un point de vue sur le monde partiel, presque restreint. Votre parcours multiculturel et éclectique laisse présager que cette Lucarne à toutes les chances de se transformer en un belvédère, avec une vue à 360 degrés…   

Le plus important dans mon parcours, c’est mon vécu. C’est le fait que j’ai grandi dans un pays qui était en guerre et que j’ai travaillé dans des régions où il n’y avait ni soutiens, ni structures. Dans ce genre de situations, j’ai été priviligiée de découvrir des solidarités se tisser organiquement et de constater que la créativité prend le dessus tout le temps. Je me souviens qu’en 2005, il y avait d’un documentaire égyptien, Salade Maison (Salata Baladi) de Nadia Kamel, qui avait été interdit par le gouvernement et on avait retiré à la réalisatrice sa carte de syndicat. Le film, qui durait 2h30, a été tout de même montré 26 fois en un an, sur l’invitation d’associations, d’ONGs et d’espaces de créations indépendants ! Il était toujours suivi d’un débat qui durait au moins 1h30.

A Paris, en Europe, les gens sont devenus cyniques par rapport à la vie sociale du cinéma, particulièrement par rapport au documentaire. J’ai eu le privilège de voir comment un film peut gêner et même effrayer un pouvoir, fédérer des communautés, inspirer des gens à défier un régime et à créer des espaces de rencontres uniques, éphémères. Le cinéma peut faire ça. S’il ne le fait plus à Paris, à Londres ou à Berlin, c’est dommage. Dans ces sociétés démocratiques, le rapport citoyen au politique est en crise, même s’il est, en même temps, en redéfinition. Ce que j’ai à donner est ce qui m’a nourrie, c’est-à-dire de voir comment une société se reconstruit, se redessine autour d’une expression artistique, parce que celle-ci est profondément politique. Elle invite à repenser le politique avec de la bienveillance, de la poésie et avec un affect. Oui, je pense que c’est ce que j’ai à donner.

J’ai travaillé avec le MoMA (Musée d’art moderne à New York), le musée Jeu de Paume, et la Tate Modern. C’est très bien et je m’en félicite ! Mais finalement, trente-six autres personnes ont fait ça. Ce qui me rend privilégiée, c’est d’avoir vu par exemple, au Sénégal, comment les gens organisent un festival des films de mariage. Quand je le dis comme ça, cela peut sembler sordide. Mais c’est extraordinaire de voir des gens se mettre en scène, à l’intérieur d’un cinéma amateur projeté en public, et partager cette expérience. Ce sont des réinventions du rôle de l’image et de l’archive. Et ça, c’est ce qui m’a beaucoup enrichie !

En Europe, tout est tellement professionnalisé que parfois on oublie l’importance d’un film, ce qu’il peut faire. Je sais qu’en France, ma génération est la dernière à avoir pu voir des films dans des centres culturels syndicalistes, ou au lycée. L’accès au cinéma était cent fois plus démocratique. Quand l’accès au cinéma se raréfie comme ça, c’est grave. La vie sociale du cinéma est à refaire. Je suis une guerrière, peut-être « quixotique », mais je l’assume.

One Comment

  1. Luciano Rigolini

    Très belle interview!
    Juste un bémol pour préciser que La Femme a toujours eu une place privilégiée dans la La Lucarne !
    J’avais fait découvrir dès ses premiers films, la cinéaste Japonaise Naomi Kawase, j’avais commissionné le premier film à Laurie Anderson, j’avais accompagné les premiers pas de la cinéaste sénégalaise Katy Sylla, et tant d’autres artistes Femmes en France, en Europe et dans le monde entier.
    La Lucarne n’a jamais été uniquement Européenne! J’avais fédéré autour de la case une communauté de cinéastes venant du monde entier : Syrie, Kazakhstan, États-Unis, Chine, Taïwan, Afrique, Israël, Russie, Thaïlande, France, Europe,……..
    Longue vie à La Lucarne et à ARTE!
    Luciano Rigolini

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